Lauréat de la bourse du centre d’édition contemporaine Tony Morgan expose en février 2000 une série d’œuvres liées aux mots dont la portée est politique, en soutient à Aung San Suu Kyi et à la Birmanie. De 1999 à 2003, il ouvre et gère le Laboratoire d’impression. Cet espace d’art indépendant prouve son intérêt pour les multiples, plus accessibles au public désireux d’acquérir des œuvres. Ce travail curatorial repose sur un réseau artistique amical et internationale. Il s’accompagne de l’édition de Danger, microédition qui connaîtra 7 numéros. Réalisés manuellement en petit nombre, ces livrets tiennent dans une enveloppe standard pour être facilement envoyés.
Tony Morgan travaille avec le langage. Peints sur toiles, sérigraphiés sur papier et rehaussés de bois gravés, mots en série et phrases courtes disent le politique et le sociale, le système de l’art et ses instances de légitimation, ses marchands et sa valeur ; la maladie et l’hôpital. Ces fragments de pensées entrecroisent intime et universel, l’art et la vie pour reprendre l’expression Fluxus, mouvement dont il fût proche.
Il reprend Les Mangeurs de Pommes de Terre de Van-Gogh symbole de l’injuste dénuement des travailleurs de la terre, mais aussi de celui du peintre à la consécration post-mortem. Cette version fragmentée en 25 toiles au trait brun sur fond jaune est un exercice d’admiration, une ode à la peinture, au dessin et à son expression par le geste et la touche, à la tradition de l’agrandissement au carreau et aux vertus de la reprise. Van-Gogh, figure romantisée de l’artiste incompris qui échoua comme marchand d’art et voulut être pasteur, qui donne à voir la misère et la dénonce n’est pas convoqué au hasard. Par cette filiation Tony Morgan marque son attachement à un travail socialement engagé qu’il a décliné à travers divers médiums mais qu’il ancre aussi dans la peinture, sa tradition et sa matérialité. Le dire n’est pas séparé du faire. Le mot est incarné par la couleur, la touche, les veines du bois que laissent la xylographie, la composition dans la page ou le format des toiles fabriquées sur mesure. Ces dernières œuvres faites à l’ombre de Van-Gogh sont aussi dans la lumière de Matisse dont Tony Morgan admire le trait, les réserves de blanc et les harmonies colorées et qui n’eut pour engagement que celui de la peinture.
Tony Morgan, Body Spirit, monochrome, 2000.
Tony Morgan, I Am Not American, 2000, sérigraphie (édition), 50x70cm.
Tony Morgan, Sans titre, peinture à l'huile, 2000.
Tony Morgan, De Quel Côté Souffle Le Vent, 2001, techniques mixtes, 56x76cm.
Tony Morgan, Nothing Matters, 2001, techniques mixtes, 56x7676 cm.
Tony Morgan, Justice, 2002, peinture à l'huile, 60x250cm.
Tony Morgan, Mangeurs de patate, 2004, 25 peintures à l'huile, 33x55cm.
Vit et travaille à Genève
Invité par le Collectif d'Artistes Plasticiens à Dakar
Galerie Foëx, Genève
ESCA, Milhaud, Nimes
Mamco, Genève
Galerie Foëx, Genève
Kunstraum, Soleure
The Shape of Words to Come, Platform Gallery, Londres
Exposition « Bourse du CGGC 1997-1999 », Centre d’édition contemporaine, Genève
Words, Arts Council Collection toured exhibition, Londres
Musée Ifan, Dakar
A Century of Artist's Film in Britain, Tate Modern
Who the Hell is Herman, anyway?, DVD, couleur, 8 mn, sonore
Danger 1-7, éd. Du Laboratoire d’impression, Genève, 1999-2003
Who the Hell is Herman, anyway?, catalogue d'exposition, Mamco, Editions Qui Quand Quoi, Genève, 2003