1960-68
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1960-68

DOCUMENTATION

1960-68

Tony Morgan consacre généralement un casier de sa bibliothèque à trois années, mais attribue le premier à une longue période : 1960-1968. Voilà qui laisserait penser à une production limitée ce qui n’est pas le cas. Ces années qui marquent les débuts de sa carrière d’artiste sont fécondes et variées, d’abord marquées par la peinture puis la sculpture et la performance.

En 1960, Tony Morgan qui a une formation d’architecte, quitte Londres et rejoint Rome à pied. S’il ne la définit pas comme telle, cette première performance est documentée par une photographie et un article de presse à son départ, une interview radiophonique à son arrivée et des notes journalières succinctes relatant faits et actions simples. Ce carnet perdu qu’il retranscrit partiellement de mémoire est à rapprocher de ce que sera le « Book of exercices » de 1971.

Ces pratiques artistiques novatrices contrastent avec le voyage en Italie, inscrit dans la tradition du grand tour, et les propos de Tony Morgan. Dans sa lettre d’invitation pour sa première exposition à la Galerie Goldoni de Florence en 1961 il dit avoir « solidement étudié la Renaissance fermant les yeux aux idées et aux pensées du XXe siècle » et qualifie son style de « mood impressionism ». 

Son autoportrait en Aliocha, connu par une reproduction en noir et blanc, est non seulement classique, mais renvoie par son titre à Dostoïevski. S’associer au héros tragique des Frères Karamazov, foncièrement différent des autres, sensible et porteur de l’espoir d’une génération, place Tony Morgan dans une posture attachée au romantisme, voire au messianisme artistique. Sitting Man à l’ambiance sourde rend hommage à Rembrandt et Daumier et évoque le penseur de Rodin, figure tirée de l’enfer de Dante dont il s’inspirera également. Ces peintures assez réalistes et littéraires côtoient des personnages tout aussi expressifs mais géométrisés et colorés. Des compositions abstraites, traits blancs sur fond bleu dont la ligne doit à Matisse. Des assemblages colorés plus informels à la touche vibrante relèvent de l’humeur impressionniste qu’il énonce. À ces recherches s’ajoutent un travail d’estampes et de gravure qu'il poursuit toute sa carrière.

De 1965 à 1967, il travaille en trois dimensions avec de l’aluminium de différentes épaisseurs. De Yellow Flip, deux plaques peintes et découpées, comme les papiers de Matisse, et assemblées, l’une faisant socle, il passe à Eight Red flames. Découpées dans des feuilles plus fines et pliées pour tenir debout, elles mesurent plus de trois mètres chacune. Exposées en 1967 par la galeriste des artistes cinétiques Denise Renée et Hans Meyer à Krefeld, elles prennent tout l’espace, et constituent une installation. Two Hung Red, minces feuilles froissées à la main sont suspendues à un fil et inaugurent une nouvelle manière de faire et d’accrocher. Pour Seven Hung Yellow Tony Morgan trempe des carrés de fibre de verre dans de la résine colorée et les accroche au plafond de la galerie en public alliant sculptures et performance. 

Tony Morgan, London Rome Walk, 1960,

photographie N/B, 37.8x27cm.

Tony Morgan, Sitting Man, Florence, 1962,

huile sur masonite, 40.8x29.2cm.

Tony Morgan, Yellow Flip, Paris, 1965, aluminium peint,

dim. sculptures: 240x199cm.

extrait - 

texte, "Plat du jour", 2003.

“C'était l'année des jeux olympiques de Rome, et comme mes finances étaient au plus bas j'eus l'idée de faire de ce départ d'Angleterre un événement, et de marcher jusqu'à Rome. Mon unique sponsor était Dunlop Sports, qui m'avait offert une paire de chaussures de gymnastique. J'ai quitté l'Angleterre en partant de Hyde Park Corner le 1 août 1960, mes chaussures de gymnastique aux pieds, avec un tee-shirt blanc, un short et un petit sac à dos. Dans le sac à dos, des sousvêtements de rechange, les chaussures sponsorisées, un pull léger et un carnet d'esquisses. Un mois et cinq jours plus tard j'étais à Rome.”

texte complet

texte complet

Tony Morgan, Eight Red Flames, exposition, Galerie Indica, Londres, 1966.

Tony Morgan, Two Hung Reds, Londres, 1967,

aluminium peint (chacun: 22x10cm),

sculpture perdue

Tony Morgan, Sans titre, 1963, 26.5x34cm.

Tony Morgan, Sans titre, 1965, 40x35cm.